Appel à communication

 

Vers des sociétés collaboratives plurilingues ?  Pratiques et approches

 

En très peu de temps, nous sommes passés de sociétés compétitives, concurrentielles, avec les discours de la recherche du meilleur et de l’excellence à des notions telles que la coopération, la collaboration, la participation et l’inclusion.

Nos sociétés cognitives deviendraient collaboratives. Comment se construisent ou se déplacent les idéologies qui, hier, sous-tendaient la compétition et l’excellence ?  S’inscrivent-elles, et dans quelle mesure, dans ces termes de collaboration, de coopération, de participation et d’inclusion? L’ubérisation  comme modèle économique s’appuie bien sur une logique de marché et d’optimisation des coûts. Dans le même temps, les nouvelles technologies permettent une efficience de la relation commerciale offre/demande. La logique de l’exploitation et de la concurrence s’entremêle à celle du libre entreprenariat et à celle d’un service optimisé grâce à une logique de collaboration d’informations ou de données. Au niveau éducatif, ces logiques de compétition et d’excellence individuelles, de palmarès des « bonnes pratiques » sont depuis longtemps en conflit avec des logiques humanistes ;  apprendre ensemble selon les rythmes et les talents de chacun, selon la prise en compte des potentialités et de la diversité des apprenants, acteurs sociaux à part entière. Ainsi, l’éducation est-elle traversée par ces logiques contradictoires qui se recomposent différemment dans le temps par les termes utilisés.

Qu’entendons-nous par sociétés collaboratives ? Par sociétés plurilingues ? Par sociétés collaboratives plurilingues ? Quelles sont les pratiques et les approches au sein de l’école et hors de l’école pour ces collaborations plurilingues ?  En choisissant « plurilingue » et non pas « multilingue », on se place résolument du côté des acteurs sociaux, de la société des individus dans leur diversité linguistique et culturelle. Dans le même temps, la notion de collaboration-participation place de façon intangible l’acteur social dans un collectif. Les discours sur l’enseignement/apprentissage semblent épouser les changements sociaux dans la mesure où les discours sur l’excellence, la compétition des « meilleurs » et de la formation des élites intègrent ou sont remis en cause par ceux de la collaboration et de l’inclusion.  De même, les discours sur l’enseignement/apprentissage des langues concernant la maîtrise parfaite de la langue, de son évaluation en descripteurs de plus en plus minutieux des compétences selon un paradigme monolingue sont recomposés par les notions de répertoires plurilingues et pluriculturels, d’évaluation de compétences selon une dimension plus formative, plus collaborative et holistique.

L’axe 1 s’intéresse aux discours sociaux sur les sociétés collaboratives, sur la coopération, la participation et l’inclusion en rapport avec la diversité linguistique et plurilingue des acteurs. Nous savons que les individus sont plurilingues même dans les sociétés les plus monolingues et l’on peut s’interroger sur la façon dont les sociétés prennent en compte ce plurilinguisme des acteurs : par des politiques multiculturelles, par des politiques inclusives ou des politiques participatives et citoyennes ?

L’axe 2  porte sur les acteurs sociaux plurilingues et sur leur façon d’utiliser ou non leurs répertoires, leur capital plurilingue et pluriculturel, leurs pratiques et leurs approches selon des finalités collaboratives, coopératives, participatives ou inclusives.  Inversement, comment utilisent-ils les collaborations, les coopérations et les attitudes inclusives ou participatives au profit de la construction de leurs répertoires  ou de stratégies distinctives de leur capital plurilingue et pluriculturel ?

L’axe 3 concerne plus précisément les pratiques et les approches didactiques collaboratives plurilingues. Comment se conjuguent les pratiques et les approches in situ et à distance  pour l’acquisition ou l’apprentissage des langues ? Quels dispositifs sont mis en place de l’école maternelle à l’université ? Quels dispositifs sont expérimentés en dehors de l’école ?  Comment évaluer ces pratiques, ces approches et ces dispositifs ?

L’axe 4  interroge l’épistémologie de ces pratiques collaboratives plurilingues. Quelles valeurs et quelle éthique peuvent être mobilisées ? Comment le rapport entre le langage, les langues et les cultures s’articule-t-il de façon actualisé au sein d’un paradigme plurilingue ? En quoi, la philosophie, l’anthropologie et la sociologie du langage participent au questionnement des sociolinguistes et des chercheurs en didactique des langues et selon quelles articulations ?